À l’adolescence, le corps change, le regard des autres prend une importance nouvelle et le besoin de choisir par soi-même s’affirme. On cherche sa place parmi les autres, on explore, on se projette. La maladie chronique peut venir bousculer chacun de ces mouvements.
Les rendez-vous médicaux, les traitements, la fatigue ou la douleur imposent leur propre rythme. Le corps que l’adolescent tente de s’approprier devient aussi un corps observé, examiné, soigné. L’aide des parents demeure nécessaire au moment même où le jeune cherche à gagner en autonomie.
Quand la maladie rythme aussi la scolarité
Au cours de ma carrière d’enseignant, j’ai accueilli de jeunes adolescents dont la scolarité était rythmée par la maladie, les soins, les absences et la fatigue.
J’ai pu mesurer combien ces contraintes touchent bien davantage que les apprentissages. Elles peuvent modifier la place dans le groupe, fragiliser le sentiment d’appartenance et rendre plus difficile la participation aux activités ordinaires. Derrière un devoir non rendu, une absence ou un repli se trouvent parfois un corps épuisé et un jeune qui voudrait simplement ne pas être regardé comme différent.
Pour autant, il n’existe pas une manière unique de vivre la maladie. Certains adolescents recherchent davantage l’appui de leurs parents. D’autres souhaitent préserver une part importante de leur vie personnelle. Certains parlent facilement de ce qu’ils traversent ; d’autres ont besoin de silence. L’enjeu consiste moins à leur demander de devenir autonomes qu’à leur permettre de construire progressivement une autonomie compatible avec leur état de santé.
Quand le corps reste en alerte
La maladie chronique ne produit pas forcément un traumatisme psychique. Mais certaines expériences médicales peuvent devenir particulièrement éprouvantes : douleur intense, hospitalisation, gestes invasifs, menace pour la vie, perte de contrôle ou sentiment de ne pas être entendu.
Après ces expériences, le corps peut parfois rester tendu et les émotions submerger. Le jeune peut redouter un prochain soin, éviter les rendez-vous, mal dormir, devenir irritable ou se sentir coupé de ses sensations. Ces réactions ne suffisent pas à établir un trouble psychotraumatique. Elles invitent cependant à écouter ce que l’adolescent a vécu, sans banaliser ni dramatiser.
Accompagner sans prendre la place
Protéger la santé de l’adolescent ne devrait pas conduire à lui retirer sa place de sujet.
L’accompagner consiste d’abord à lui reconnaître une parole propre : ce qui lui fait peur, ce qui le met en colère, ce qu’il souhaite préserver et ce qu’il est prêt à essayer. Il ne s’agit pas de décider à sa place, mais de l’aider à préserver une part de liberté et d’initiative dans un quotidien fortement contraint par la maladie.
Les parents occupent également une place essentielle. Leur inquiétude peut les conduire à surveiller davantage, alors même que l’adolescent réclame plus d’espace. Le but n’est pas de les tenir à l’écart ni de tout leur transmettre, mais de construire un cadre où la sécurité du jeune, son intimité et le lien familial puissent coexister.
La place de mes outils
Dans mon accompagnement, la sophrologie et l’EFT clinique peuvent être proposées pour revenir au présent, reconnaître les signaux du corps, réguler progressivement l’activation émotionnelle pour dépasser un moment d’angoisse ou préparer un rendez-vous médical.
Ces outils ne sont jamais imposés. Je ne pose pas de diagnostic médical, ne modifie aucun traitement et ne me substitue pas aux professionnels de santé. Lorsque la situation le nécessite, l’orientation et la coordination avec le médecin, le psychologue, le pédopsychiatre ou l’établissement scolaire font pleinement partie de ma responsabilité.
L’objectif n’est pas d’aider l’adolescent à « réussir son adolescence malgré la maladie ». Il est de lui permettre de continuer à grandir sans être réduit à ce qui lui arrive.
Si votre adolescent semble envahi par l’inquiétude, se replie ou ne parvient plus à trouver sa place entre les soins, la scolarité, la famille et sa vie personnelle, je vous propose un premier échange pour comprendre sa situation et envisager, avec lui, l’accompagnement le plus ajusté.


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